Projet de recherche sur l’histoire de l’adoption en Suisse terminé

Jusque dans les années 1970, les mères célibataires étaient souvent contraintes de donner leurs enfants en adoption. Il a fallu attendre la révision de 1978 du code civil pour que le statut de mère célibataire soit déstigmatisé.

Dans les années 1960 et 1970, le manque de moyens financiers et de structures de prise en charge ont souvent contraint les mères célibataires du canton de Zoug de donner leurs enfants à des familles d’accueil ou en adoption. À cela s’ajoutait la pression exercée par leur entourage personnel, les autorités et les intermédiaires pour qu’elles se séparent de leurs enfants. Les liens étroits entretenus par les autorités et les intermédiaires renforçaient encore cette pression. La collaboration manquait souvent de transparence et induisait des conflits d’intérêts. Ainsi, les intermédiaires étaient non seulement le tuteur ou la tutrice de l’enfant, mais ils choisissaient également les parents adoptifs. Lors des entretiens menés avec les mères, on leur faisait comprendre que l’adoption constituait la meilleure solution. Les mères s’adaptaient pour la plupart à ces représentations sociales – la honte et la stigmatisation contribuant à ce qu’elles acceptent une adoption. En cas contraire, elles étaient souvent soumises à des pressions jusqu’à ce qu’elles cèdent.

Il a fallu attendre la révision de 1978 du droit de la filiation dans le code civil, qui plaçait les enfants légitimes et illégitimes sur un pied d’égalité, pour que le statut de mère célibataire soit déstigmatisé. Depuis la fin des années 1970, le nombre d’adoptions nationales a commencé à diminuer en Suisse. Comme le montre l’exemple du canton de Zoug, les motifs et les constellations familiales à l’origine des adoptions nationales ont changé.